décembre 2007


La maison du Baron Roger et les champs de canne à sucre

Vendredi 28 décembre 2007

Donc ce petit week end à Richard Toll. Je vous le refais dans le désordre, quelques petits extraits sympas avec les photos qui vont bien.

Déjà j’ai très vite laissé tomber Saint Louis, j’avais suffisamment de quoi m’occuper ici, et ma famille d’accueil était tellement accueillante que je n’ai plus eu envie de repartir.

Makhary m’a amené faire un petit tour en scooter dans Richard Toll. Bien sur ce n’est pas Dakar et il faudra attendre encore pas mal de temps pour y trouver un Mc Do. Il n’empêche que c’est une ville qui grouille, des charrettes-taxi qui courent dans tous les sens, des commerces et des vendeurs ambulants un peu partout sur les deux trois principales artères de la ville. Et la grosse usine de fabrication de sucre, connue dans tout le pays, le poumon industriel qui fait vivre presque toute la ville. Naturellement une bonne partie de la balade s’est donc effectuée le long des champs de canne à sucre et des canaux d’irrigation.

 

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La bonne surprise que me réservait mon guide se trouvait justement juste après une de ces grandes allées de culture : La maison du Baron Roger. Une visite un peu surréaliste. Une grande demeure coloniale désaffectée, le spot parfait pour se tourner un petit kino, une fin d’après midi et un coucher de soleil qui mettent en valeur les couleurs orangées de la maison, et un gardien imperturbable qui vous récite l’histoire du lieu sa petite radio portative à la main.

Plus que la beauté du lieu et la vue imprenable sur tous les champs de la région qu’offre la terrasse de la maison, c’est surtout l’histoire du bâtiment qui m’a frappé. Je n’ai pas retenu toute la visite de mon guide, mais la maison a été construite il y a plus de trois siècles. Elle a vu défiler différentes générations de colons et de missionnaires. Le Baron Roger la construisit à la base comme une résidence secondaire, Faidherbe l’utilisa au début du XXème siècle comme point de passage avant de continuer l’expansion de la colonisation française en Afrique. Cette maison est à l’origine même de la ville, Toll signifiant « champs » en wolof, et Richard étant le nom d’un employé du Baron, qui développa, avec une poignée de familles sénégalaises, l’agriculture tout autour de la demeure.

La nuit tombant donna à la maison une ambiance encore plus mystérieuse. En reprenant le scooter je me redis qu’il y avait vraiment un parfait décor de film qui aurait fait rêver plus d’un réalisateur des copains de Kino Session…

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Direction Richard Toll

Vendredi 28 décembre 2007

Avec un peu de retard, je viens vous raconter quelques moments de mon petit périple dans le Nord du Sénégal. Je n’ai pas vu la semaine passer… Peut être parce qu’elle n’a commencé que mercredi…

Donc il s’est passé pas mal de choses en peu de temps depuis une semaine : le voyage vers Richard Toll, la Tabasky, le retour vers Dakar, Noël, du boulot aussi et bien sur un petit foot sur la plage pour clôturer ces mini vacances. Je vais tenter de vous raconter tout cela, plus ou moins dans le désordre, et en plusieurs étapes car sinon cela va faire un post imbuvable qui endormira tout le monde (comment ça c’est déjà le cas ?!).

Après une semaine de boulot assez intensif, à peine le temps de souffler à la maison et de faire en urgence une petite valise (oui, maman, j’ai bien pris la crème anti-moustique et l’anti-palu !) que j’ai déjà rendez vous avec Makhary pour aller prendre la « Caravane des Etudiants », censée partir à 21h pour Richard Toll. La mairie de cette ville ayant aimablement mis à disposition deux bus pour que ses étudiants de Dakar puissent rejoindre leurs familles en cette période de fête. Bien évidemment, il faut retraduire ce projet « sénégalaisement » comme disent les gens ici… C’est-à-dire départ avec 3h de retard et un tiers des passagers qui n’a pas été compté pour le voyage. Nous sommes donc partis à minuit après avoir attendu qu’un troisième bus vienne compléter la caravane.

 

Nous étions lancés pour 8h de route environ pour arriver au petit matin. Je pensais m’en être bien sorti, calé à l’arrière du bus avec trois compagnons de route… Sans me douter qu’un petit arrêt intermédiaire à la sortie de Dakar viendrait entasser cinq personnes de plus à mes côtés là où l’on pouvait penser que techniquement seules quatre pouvaient rentrer. Le voyage fut un poil moins confortable que prévu, « heureusement » que le chauffeur eut la bonne idée d’allumer ses enceintes, grésillant sans relâche toute la nuit, pour nous faire écouter une musique pop aux accents arabisants… Mais finalement tout ce petit monde se contenta de ce calme tout relatif et réussi à somnoler quelques heures, moi le premier.

Le jour se leva très vite en fin de compte. Je profitais des dernières heures de route pour regarder défiler les étendues de sables et de végétation réveillées par les couleurs rose et orange du matin.

 

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“Session du vendredi” pour Tabaski

Mardi 18 décembre 2007

Je pars demain soir dans la famille d’un collègue pour quelques jours. Au programme fête de la Tabaski ce vendredi à Richard Toll et petit passage touristique par Saint Louis le week-end. Ce sont deux villes du Nord du Sénégal, Richard Toll étant toute proche de la Mauritanie et Saint Louis une ville côtière. Je pars avec une “caravane” d’étudiants qui quittant Dakar pour leur région natale au Nord. Le trajet devrait prendre toute la nuit, nous avons un temps hésité à partir le jeudi matin en taxi, mais en pleine période de fête les prix flambent et les places ne sont pas assurées.

Je suis impatient de découvrir cette fameuse fête de la Tabaski, surtout au “cœur de l’action”: seul petit toubab invité dans la famille. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre encore, on m’a fait le portrait de Richard Toll village perdu dans la brousse mais aussi comme la capitale du sucre et de la charrette…

Je saurais certainement mieux vous expliquer la semaine prochaine, mais la Tabaski, aussi nommée “Aïd el-Kebir”, commémore la soumission d’Ibrahim à Dieu, lorsque le patriarche était prêt à sacrifier son fils unique Ismaël sur son ordre (j’invente rien, c’est Wikipédia qui le dit :)). A Dakar, comme apparemment dans tous les pays musulmans, on la fête le 20 ou le 21 décembre (cela dépend de la lune… cette année c’est le 21 en tout cas). Toutes les familles s’y préparent et achètent un mouton pour cette occasion. C’est LE sujet de conversation dans les semaines qui précèdent la fête : “As tu acheté ton mouton ?… Et le tien comment est-il ?…”. Noël approchant chez nous, ces discussions me rappellent un peu en France les traditionnelles : “Et ton sapin de Noel ?… As tu fait le sapin ?”. Dans tous les cas, les allées centrales dans les grandes rues de Dakar sont souvent remplies de troupeaux de moutons, gardés jour et nuit depuis deux semaines, attendant sagement les futurs amateurs de viandes grillées…

Je vous raconterais tout ça à mon retour plus en bétail (mouais…) et en photos j’espère aussi !

 

On est ensemble !

Samedi 15 décembre 2007

Bon ça y est, fin de semaine ! Le week-end est vraiment le bienvenu, et je vais nous (tant à vous qu’à moi) éviter un mail “BHLien” et reprendre un ton plus léger qui évitera de nouveaux petits chambrages et autres sarcasmes… Que j’ai tout de même lu avec beaucoup de plaisir ! 

Donc troisième semaine et tout va toujours bien. A défaut de jouer “Tintin au Congo” (marque déposée) je vais décrire un peu ce que je suis venu faire à Dakar. Et oui, contrairement à ce que pourrait laisser croire les photos, je ne passe pas mon temps à visiter le Sénégal en car rapide ou jouer au foot sur la plage !

Oui, j’ai un métier Monsieur! Je travaille chez PlaNet Finance, ONG qui a pour vocation de promouvoir et développer la microfinance un peu partout dans le monde. Bon, c’est vrai je ne suis pas rémunéré (je suis un « bénévole indemnisé») mais j’ai quand même un vrai petit rythme de chef de pub parisien ! Ici aussi on emploie plein de mot très sérieux comme “benchmark”, “draft”, “implementation” et top du top… On se donne des rendez vous en précisant “heure française”!!

En ce qui concerne mon activité première : J’ai deux grands types de missions, certaines plus accès sur la communication et d’autres touchant à la gestion de projet. Ces dernières seront certainement les plus intéressantes : il s’agira de mettre en place des projets alliant microfinance et prévention contre le paludisme et contre le sida. Prévention et aussi soutien aux personnes malades : comment les aider à maintenir, voire à créer un petit business, malgré leur maladie. Ces projets étant toujours intégrés avec les réseaux des organisations locales pour plus de proximité. Cela évite de jouer les cow-boys qui débarquent à Dakar pour se la jouer donneur de leçon mais également de mieux s’adapter à la réalité du terrain. Pour l’autre partie de mon taf’, la partie communication, il s’agit en gros de donner un coup de main sur l’ensemble des projets, quelques conseils pour organiser un forum, la création d’une plaquette de présentation, un coup de pouce pour enrichir le contenu d’un site internet…

…Et je ne résiste pas à un retour de Tintin au Congo… Pour un petit récit de mes aventures avec mon ami Mamadou (je l’appelle Modou même, on est devenu un peu proche désormais…).

Modou est mon contact chez “Printpub” une fière enseigne spécialisée dans l’imprimerie sur tous les types de support. Après avoir passé de nombreuses heures à préparer une plaquette de présentation pour un forum, j’amène, tout content de mon résultat, mon chef d’œuvre chez Printpub. Malgré des délais d’impression un peu courts, et après plusieurs retards dans la semaine, Modou m’assure que “promis, tu auras tes impressions mardi matin! On est ensemble de toute façon”.

“On est ensemble”, c’est l’expression passe partout dans une discussion, cela veut tout et rien dire. C’est un peu comme “C’est bon ça roule, on se connaît maintenant…”. Mais bon c’est marrant comme cela perd tout son sens quand à H-3 du début du forum le téléphone de Modou sonne dans le vide… De même que à H-2 et à H-1 avant le début du forum. J’arrive tout de même a retrouver le numéro de la standardiste de Printpub. J’en profite pour rappeler à cette dernière que le dépliant/programme d’une manifestation perd beaucoup en pertinence s’il arrive après les gens qu’il est censé informer… Bon, de toute façon cela ne représentait plus notre premier thème de dissertation quand Modou est arrivé au forum avec une heure de retard…Sur l’heure de la fin de la manifestation… Faut-il préciser que notre programme avait une touche très psychédélique avec ce mélange improvisé du jaune et du bleu, surmonté de magnifiques textes ondulés, comme pour mieux éviter la rigidité et la froideur d’une ligne droite ? D’accord j’en rajoute un peu, mais c’est pour le style… Je me suis dis qu’il valait mieux mettre le paquet sur cette première anecdote plutôt que de vous en ressortir une couche… En vous racontant l’histoire de Mamadou qui veut se racheter sur l’impression de la plaquette suivante et sa nouvelle technique d’écriture en 3D capable d’hypnotiser son lecteur (une histoire à base de police de texte avec trois couleurs différentes qui sont mal superposées les une sur les autres…).

Mamadou a donc ramené sa marchandise chez lui, il faudra bien qu’il nous rembourse d’une manière ou d’une autre nos premières avances (sûrement sur une prochaine commande…). Mais on est ensemble, Modou, Printpub, PlaNet Finance, BHL et Tintin !.. On est ensemble quoi !

la fin de semaine et l’homme(S) africain

Vendredi 7 décembre 2007

Ouf ! Ça y est c’est fini!! Je termine donc ma deuxième semaine à Dakar et je suis bien fatigué… Non stop de 7h30 à 19h tous les jours cela change de mon joyeux rythme de chômeur auquel je m’étais valeureusement habitué au mois d’octobre… En même temps il faut voir un peu comment se déroule mon embauche quotidienne : levé 6h30 !!!!! Oui tous les jours…

Mon coloc’ nous avance en voiture et je finis la route à pied (voire en car rapide) pendant un petit quart d’heure où je dois marcher le long… du “périf” ! (Je publierais quelques photos de ce coin dans les jours à venir). Cette route s’appelle la VDN (voie de dégagement Nord)… C’est un axe routier avec pas mal de trafic. Il y a des travaux de dingue tout au long de cette route et cela cause de gros embouteillages. Mais le plus embêtant pour le piéton que je suis, c’est qu’il n’y a pas de trottoir, ou du moins on ne me forcera pas à nommer les deux bandes de sable qui bordent la route comme tel! Les fumants pots d’échappement des voitures (la pastille verte ici apparaît comme un concept bien lointain) mélangés aux bourrasques de sables ne sont pas la meilleure des entrées en matière pour débuter la journée ! 

Mais bon je ne vais quand même pas me plaindre, PlaNet Finance a déménagé ses locaux la semaine dernière et nous travaillons désormais dans une belle villa d’un quartier, assez bourgeois et très calme (hormis les appels à la prière tout au long de la journée, mais on s’y habitue très vite, au point même de ne plus les entendre).

Allez je vais arrêter de tirer sur les clichés un peu, de me la jouer “Tintin au Congo”, pour parler de la première chose qui m’a vraiment marquée depuis mon arrivée. Je me souviens cet été d’un discours de Mr Sarkozy, prononcé à Dakar justement, où notre cher président venait expliquer sa vision du “jeune d’Afrique” (pour ceux qui sont motivés : www.afrik.com/article12199.html ). Sans vouloir débattre ici du propos (que j’ai ressenti tout de même comme une insulte à toute l’Histoire de ce continent…) de ce monsieur, je me souviens au départ avoir cherché s’il avait raison de caractériser d’une manière ou d’une autre le jeune africain. 

Maintenant, l’idée même de débattre à ce propos me paraît désormais complètement hors sujet : Je vis en ce moment avec une rwandaise et un ivoirien, je joue régulièrement au foot avec des camerounais et je parle tous les jours avec les gardiens sénégalais au travail. J’ai appris que l’ivoirien avait un accent qui fait que l’on peut le reconnaître immédiatement, que l’on dit des burkinabés que ce sont des gens de confiance, que les sénégalais du nord ne dansent pas de la même manière que ceux du sud… Mes deux colocs africains travaillent dans la publicité, nous avons des discussions interminables sur la chaîne graphique et les relations avec les prestataires, alors que certains commerçants avec qui j’ai marchandé ne savaient même pas écrire pour remplir une facture… 

“Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire” d’après Mr Sarkozy. Mais de quel africain parle-t-il? Cela ne m’a pas choqué d’entré (il y avait aussi tellement d’éléments à « encaisser » dans ce discours avant), mais il est quand même assez étrange de vouloir rentrer dans une même petite case presque 1 milliard de personnes, issues d’une soixantaine de pays différents. Est on capable de faire le portrait de l’homme européen ? Avez-vous trois personnages en tête identique lorsqu’un ami commence le récit d’une devinette par : « C’est l’histoire d’un roumain, d’un italien et d’un suisse qui vont au sky… » ?? 

Je suis à peine en train de découvrir quelques nuances (ultra-stéréotypées elles aussi) entre des individus issus de divers régions d’Afrique de l’ouest, et je me rends compte que je suis revenu sur ce continent avec encore bien des a priori… Que malgré toutes les bonnes pensées humanistes que je voulais considérer comme acquises, il me reste bien du chemin avant de pouvoir comprendre quelque chose de raisonnable. Et que comme toujours et comme partout, rien ne peut être simple, rien ne doit être pris comme évident. Il faudra toujours me le répéter pour toujours mieux admettre l’étendue de ce que je ne pourrais qu’entre apercevoir des choses qui m’entourent. 

Allez promis la prochaine fois retour de Tintin au Congo qui raconte ses repas à la cantine à côté du boulot !!

Le car rapide

Samedi 1 décembre 2007

Wouah ! Je ne pensais pas avoir autant de commentaires en moins d’une semaine! Merci bien à tous ceux qui sont venus laisser un petit clin d’œil. Va donc falloir que j’assure et que je laisse des news régulièrement… 

Donc voilà je viens de faire une semaine à Dakar, cela passe vite, mon arrivée à l’aéroport parait déjà bien loin. C’est forcement bon signe. Une semaine et j’ai encore beaucoup de mal pour me repérer dans Dakar. C’est grand, ça fourmille de partout. De grandes artères et des petites rues, du sable et du bitume, des Mercedes qui doublent des charrettes tirées par un maigre cheval… Pour un premier coup d’œil sur cette ville, tous les extrêmes sont concentrés ici, je suppose que c’est le propre de toutes les grandes villes. 

Je suis bien content d’avoir des colocataires comme guide, car même prendre le bus m’a paru être une aventure en soi… C’est tout bête mais ça n’était pas aussi évident que cela pouvait en avoir l’air car il y a peu ou pas d’arrêt de bus. Les bus s’arrêtent plus ou moins à des endroits prédéfinis sur la route, au grès de la demande de ceux qui veulent monter ou descendre. Mais si peu de choses sont formalisées (pas de panneaux, pas de plan de la ligne), il existe pourtant bien des règles informelles établies. Les deux ou trois itinéraires que je commence à fréquenter régulièrement s’arrêtent toujours plus ou moins aux même endroits. Ce sont en général des espaces qui permettent de s’arrêter sur le bas côté, de charger les passagers sans gêner la circulation, et où les trottoirs se font plus petits pour être surmontés. 

On monte dans le bus sans titre de transport, un contrôleur à l’arrière tape sur la carrosserie quand le bus est plein et le chauffeur démarre. L’espace du véhicule est plein à craquer, pas d’allée centrale pour circuler, le contrôleur alpague les passager en nommant une à une les rangés qui doivent payer. Les rangées les plus éloignées font passer leur monnaie de main en main jusqu’au contrôleur. Je n’ai pas encore tout à fait compris le système de tarification, des fois il faut hurler au contrôleur sa destination pour qu’il rende la monnaie adéquate, d’autre fois il ne dit rien… et d’autre fois encore je dois avoir une majoration en tant que toubab…

Enfin ce qui me plait avec le bus, c’est de ressentir un peu la même sensation que dans le métro parisien… On doit retrouver ici un bon état des lieux de la population de Dakar : ouvriers, femmes en boubou, écoliers, certains en costards et d’autres en guenilles… Et surtout assez rarement d’expatriés blancs! Ces derniers prennent leur voiture ou le taxi (pas plus de 300 francs CFA pour le bus, le taxi c’est en général entre 500 et 3000 francs CFA). 

Enfin il existe différents types de bus et, là encore, je ne maîtrise pas l’ensemble des subtilités de ce système, il y a des bus issus d’une compagnie de transport, comme en France quoi, mais il y a aussi des “cars rapides”… Et là, par contre, cela se corse un peu… Ce sont en fait des mini-bus, qui peuvent être à l’occasion très jolis avec leurs peintures multicolores et leur petit nom en wolof. Les chauffeurs les décorent très souvent de photo où Drogba et Eto’o peuvent côtoyer Tyken Jah Fakoly, des célébrités locales ou encore des cheiks et la légende vivante de la lutte sénégalaise Tyson (Mohamed Ndao de son vrai nom : http://www.dailymotion.com/relevance/search/tyson+lutte+/video/xxz5i_confusion-combat-tyson-bombardier_news)… Mais ceux sont aussi souvent de vrais tombeaux roulants!! C’est parfois à se demander comment ils peuvent encore tenir debout… On entend parfois des histoires d’accidents rocambolesques où des véhicules perdent leur roue alors qu’ils sont en pleine course! (Je rajouterais des photos de ces petits bolides dès que je maîtriserai un peu mieux mon blog… Et quand j’aurai pris de bonnes photos! Car pour le moment ce n’est pas fameux et  je n’ose pas trop sortir l’appareil, j’ai encore du mal à sentir quand une situation est propice ou quand cela pourrait être très indélicat.). 

 

Malgré l’anarchie de la circulation, les accidents sont assez rares, les voitures ne sont pas en état pour rouler à des vitesses dépassant les 50Km/H… Un mal pour un bien. Certaines voitures sont vraiment dans de sales états… mais ça tient toujours, les mécanos locaux sont de vrais artistes!! Jean me racontait d’ailleurs à ce sujet une anecdote de sa mission à Magadascar : il me disait que non seulement les gens n’ont pas les moyens pour se payer des réparations et des pièces de qualité (pour les voitures, les vélos,…), mais que de plus on leur revend des articles importés d’Asie et surtout de Chine de mauvaise qualité. Un mec du coin lui avait dis un jour à peu près ceci : « Les chinois sont des malins, ils nous refilent des trucs de merde qui ne durent pas longtemps en pensant qu’on devra les racheter quelques temps après. Mais nous on l’est encore plus car on répare en permanence et on rachète rien ! »… Cela doit certainement être un peu la même chose ici…

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