avril 2008


Un peu d’image…

Mardi 29 avril 2008

J’ai fait quelques mises à jour dans la partie photo… et, mieux vaut tard que jamais, une petite vidéo d’ambiance de la colok… session guitare et tama entre copain…

Cool Graoul ?…

Lundi 21 avril 2008

Tous les premiers samedi du mois c’est « Cool Graoul ». Mix d’argot et de wolof pour signifier quelque chose comme « C’est cool et c’est pas grave », l’expression annonce un des rendez vous incontournables des soirées d’expatriés de Dakar. Les jeunes, en majorité « toubabs », se retrouvent à la base de sport nautique l’« Océanium » pour une session discothèque en bord de mer. L’ambiance est bon enfant. Les lampions dans les branches des arbres éclairent la buvette de l’ « Océanium ». Il y aurait presque un air de bal du 14 Juillet.

On y retrouve un peu toujours les mêmes têtes à « Cool Graoul ». On discute vaguement autour d’une bière, on se pose face à l’océan en se donnant un air sérieux. Des sénégalais se joignent à la fête. Ils se contiennent plus ou moins de rire en regardant ces ptits blanc qui n’arrivent pas à décoincer leurs hanches et leurs derrières rigides. Ils prennent un malin plaisir à faire le show et se donner en spectacle pour mieux rappeler qui sont les rois de la piste. Il faut dire que les DJ ne font rien pour nous aider, les transitions entre deux morceaux sont découpées à la hache de bûcheron et les changements de styles musicaux sont parfois un peu abrupte.

Mbalax, Rn’B, Electro, Reggae, heureusement tout le monde trouve son compte à « Cool Graoul ». Nous décollons depuis le Cap vert de Césaria Evora, nous survolons les danses Zulu d’Afrique du Sud, avant un aller retour à Paris avec Gainsbourg et une escale sur la côte ouest des USA avec Dr Dre. Nous voici de retour en Afrique de l’ouest, dans la chère Côte d’Ivoire de Tiken Jah Fakoly. « Ouvrez les frontières, ouvrez les frontières » chante son refrain.

Refrain simple, mais certainement pas simpliste. Tyken rappelle dans ses textes pourquoi il ne serait que juste compensation d’ouvrir nos frontières de pays riches. Que si la maison du blanc est douillette et confortable, c’est en partie due à l’exploitation passée des commerces les plus honteux et de la colonisation. Que le présent n’est pas beaucoup plus respectable. L’artiste ne se prive jamais de dénoncer une mondialisation et un système économique international biaisés. Les pays africains n’ont jamais eu toutes les cartes en main pour pouvoir assumer pleinement leurs indépendances et exercer leur souveraineté. Ils sont toujours aux mains d’élites corrompues, sous l’influence de puissances étrangères qui ne voient implacablement que par leurs intérêts propres.

Tiken chante très bien, alors je ne tenterai pas ici de bredouiller. Une pensée de base me revient cependant. Lorsque nous parlons de l’immigration en France, celle ci est toujours considérée comme une source de problème. « Nous ne pouvons pas accueillir tout le monde », « déjà qu’il n’y a pas assez de travail pour nous », « il vaut mieux les aider à de se développer chez eux ». Je n’ai pas toute l’étude et la documentation objective et rigoureuse derrière moi pour discuter ces éléments. Là n’est pas mon idée. Ces arguments sont toujours la première porte d’entrée dans le débat sur l’immigration. Comme si ce phénomène devait toujours être perçu comme un boulet à traîner, auquel il faut s’adapter et justifier l’envi de se débarrasser. Comme pour nous rappeler qu’accepter l’immigration s’est faire un peu la charité…

Ma question, toute modeste, va peut être enfoncer des portes ouvertes. Pourtant je la trouve trop souvent oubliée derrière des considérations techniques et quantitatives. N’est il pas possible d’envisager l’immigration comme une chance ? La rencontre de l’étranger comme un cadeau ? Certes cette rencontre avec l’autre est forcement compliqué, difficile, parfois violente. Les repères communs manquent, la langue parfois fait obstacle. Je me souviens aussi des mots qui m’ont accueilli au Togo il y a quelques temps : « La diversité des cultures fait l’harmonie de la nature » (c’est un peu cliché je l’avoue). Se forcer à écouter l’autre, à accepter l’image qu’il nous renvoie de nous même. Toutes ces occasions qui nous amènent à remettre en cause notre façon de penser, qui nous ouvre vers d’autre façon de faire et de voir. La richesse du mélange des cultures. L’immigration pourrait peut être alors être prise comme un merveilleux moyens d’épanouissement pour chacun comme pour tout un pays ? Elle devrait être prise plus comme une nécessité que comme un mal ou une fatalité ? Voilà une modeste piqûre de rappel, de recadrage…

Il se fait tôt à « Cool Graoul ». Les DJ’s ont abattus leurs derniers tubes et les derniers danseurs ont abandonné la piste. Le jour se lève et l’on distingue plus nettement les reliefs et les couleurs rosées de l’océan. Nous nous dirigeons fébrilement vers le premier taxi que nous rencontrons. Bordé entre amis au fond de la banquette arrière, nous nous laissons bercer par les vieilles suspensions du rafiot. Ouvertes ou fermés, les portes risquent d’être difficiles à déverrouiller en arrivant à la maison.

 

Le grand Tiken :

 Série de clip sur Dailymotion

Un article du monde.fr (… discutable, mais dont j’ai bien aimé la conclusion, et la comparaison de quelques chiffre sur l’immigration) :

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