juillet 2008


7 secondes

Mardi 1 juillet 2008

Dix jours que je suis rentré en France. Je m’étais donné un peu de temps avant de laisser un dernier post sur le blog et clôturer mon séjour de sept mois au Sénégal… Mais comme d’habitude je déborde un peu trop…

Le départ a été très émouvant, les adieux un peu difficiles. Ce fut de jolies moments, chargés en émotion. Une impression de fin de colonie de vacances. Les gardiens du quartiers, les amis de la plage et du foot, les amis du travail, mes deux mamans - Aby du restaurant et Marie Louise de la maison. Et aussi bien sur mes colocataires, ma petite famille de Dakar… J’ai accepté avec beaucoup de fierté et de reconnaissance quelques prières pour que mon voyage se déroule bien. Je n’ai promis à personne que je reviendrai. Mais j’ai aussi serré de la main gauche tous mes amis comme le veut la tradition, Inch Allah nous nous reverrons un jour. Les yeux bien humides je suis monté dans l’avion.

Après un séjour d’un mois au Togo, je termine un deuxième voyage au Sénégal de 7 mois. Le premier m’avait montré à quel point la rencontre avec l’autre, et sa culture différente, pouvait être forte et pleine d’amour. Le second, même si toujours très court, m’a lentement expliqué combien il est difficile et ambiguë de comprendre toutes les nuances d’un nouvel environnement.

7 mois, comme 7 secondes, juste le temps d’effleurer une ville, ses habitants, ses rythmes et ses cultures. Dérisoires peut être ? Bien au contraire, Dakar, m’a aidé à réfléchir un peu, il était temps ! Au-delà des clichés et stéréotypes d’une Afrique exotique où se concentrerait tout nos fantasmes de marabout et de spiritualité, de guerre et de famine, de rapport au temps et à la nature, cette ville m’a confié un secret : que je ne savais rien sur pas grand-chose, mais que dans le fond c’était déjà beaucoup de le savoir. Une immersion dans une culture différente pour mieux me rappeler d’où je viens et ce que je suis. Notre vision des autres en dit bien plus sur nous même que sur les autres, nous rappelait sans cesse notre professeur d’Anthropologie à l’université… Je quitte donc le Sénégal, riche de mon ignorance, mais surtout affamé de replonger au plus vite dans la marmite bouillonnante de l’Afrique*. Mais surout bien décidé à (tenter de) comprendre un peu mieux ses nombreuses et complexes recettes de fabrication.

* de l’ouest ?