Papé fait de la résistance
(article rédigé pour le journal Sud Ouest édition Dordogne - partie 1/2)
Robert Prevost, dit « Papé », est bénévole au TFC depuis 25 ans. Il a tout connu dans un club où il se dévoue avec passion. Les saisons passent et le grand-père reste fidèle au posteShort, claquette, chronomètre, et polo de sport. À 73 ans, Papé est bien plus à l’aise sur un banc de touche que tranquillement assis sur un fauteuil molletonné. Après 25 saisons de bénévolat au sein du Trélissac FC, le septuagénaire ne semble toujours pas fatigué. « J’ai tout de même marqué une pause en 2006. J’avais un peu moins envie, alors j’ai coupé les ponts avec le club pendant…deux mois. Entre juin et juillet. » Vous avez dit passionné ?Joueurs, dirigeants, anciens, nouveaux… Tous connaissent Robert Prevost. « On m’appelle Papé. Je suis le doyen. C’est un peu comme dans le film avec Yves Montand. Ici, je suis le papé de tout le monde… ». Fabrice Faure, président du club, est le premier à reconnaître l’importance du personnage pour la vie du TFC : « C’est un vrai bénévole. Toujours là, toujours prêt à rendre service. C’est la figure de proue du club.» Daniel Lavignac, responsable de l’organisation et des bénévoles, abonde dans le même sens. « Je connais Robert depuis bientôt vingt ans. Ce sont les joueurs qui ont trouvé son surnom. Mais je ne pourrais pas vous dire à quand cela remonte…Il fait partie des meubles ici ! »Il ne faut pas longtemps pour s’apercevoir que Papé est un grand-père bien trop attachant pour jouer l’oncle sénile du film« Manon des Sources ». Le doyen des bénévoles est à Firmin-Daudou ce que le foie gras est au Périgord, une tradition inusable. Une entrée gastronomique indémodable, dont on ne se lasse jamais quand on vient déguster les mines déconfites de l’équipe adverse les soirs de matches. Ces derniers n’auraient certainement pas la même saveur si Papé décidait un jour de ne plus y mettre son grain de sel logistique. Cet infatigable bénévole a foi en son club. Sûrement parce qu’il se considère comme « un pur produit périgourdinL’autorisation de son épouse Fils de cultivateur, Robert Prevost a très vite réalisé que son chemin ne pourrait suivre le sillon déjà tracé par ses parents. « Il n’y avait pas assez de travail pour moi à la ferme. » Le jeune homme a alors 20ans. Il ne portera pas la blouse d’agriculteur. Ce sera l’uniforme, comme ses amis d’enfance, avec qui il s’engage dans l’armée, direction le contrôle aérien. « Au départ, je ne pensais pas y faire carrière. Je partais pour deux ans. Un peu dans l’inconnu… »Mais le temps passe, le contrat se renouvelle. Une fois. Puis deux. Et l’aventure se transforme finalement en métier. « Il y a bien eu des moments de doute, mais je n’avais pas de raison de quitter l’armée. Et puis, pour faire quoi ? » Les vieux souvenirs ont la carlingue dure, on peut les sentir redécoller en un instant dans ses yeux devenus pétillants.Après des missions en Algérie et en France, le capitaine Prevost trouve un poste à Bordeaux. Il se rapproche de sa famille, passe plus de temps avec Simone, son épouse, et ses deux filles, Martine et Corinne. « On m’a proposé une promotion à Paris, mais je l’ai refusée. Je ne voulais plus m’éloigner autant de mes proches. » Même si la passion et le dévouement du futur bénévole déborderont plus tard sur sa vie familiale…« J’ai demandé l’autorisation à mon épouse lorsqu’il a fallu suivre l’équipe première dans ses déplacements. »L’année 1984 marque la fin d’un cycle : le militaire tire sa révérence. Vient l’heure de la reconversion dans le civil, et surtout, la naissance d’une vocation: le TFC. « Le foot m’a aidé à tourner la page. »



